Par , publié le 2 décembre 2020

Les négociations ont été rondement menées. Mardi, Salesforce a officialisé le rachat de Slack. L’opération, qui se chiffre à 27,7 milliards de dollars (23,1 milliards d’euros), est la plus importante jamais réalisée par l’éditeur de logiciels dans le cloud. Et la plus importante jamais réalisée sur le secteur. En mettant la main sur la plate-forme de communication et de collaboration, le groupe va “transformer la façon dont chacun travaille depuis n’importe où dans un monde 100% numérique”, promet Marc Benioff, son fondateur et patron. Il pourrait aussi mieux rivaliser avec Microsoft.

Croissance par acquisition – Fondé en 1999 à San Francisco, Salesforce a popularisé le modèle du SaaS (Software as a Service), le logiciel dématérialisé vendu par abonnement. La société développe d’abord des outils de gestion de la relation client (CRM). Très vite, elle met en place une vaste stratégie d’acquisitions, pour mettre la main sur de nouvelles compétences mais aussi pour étendre son offre sur d’autres segments du marché. Ces multiples rachats constituent l’un des principaux moteurs de sa croissance rapide. L’an passé, Salesforce a notamment déboursé 15,7 milliards de dollars pour mettre la main sur Tableau, qui conçoit des logiciels d’analyse et de visualisation de données.

Collaboration – C’est dans ce cadre que s’inscrit l’acquisition de Slack. Depuis plusieurs années, l’éditeur tente en effet d’imposer ses solutions de communication et de collaboration en entreprise. En 2016, il a ainsi racheté Quip pour 750 millions de dollars, ajoutant l’année suivante une suite bureautique collaborative (traitement de texte, tableur…) à ses outils. Salesforce propose aussi une plate-forme de messagerie, baptisée Chatter. Malgré d’importants moyens, celle-ci ne s’est jamais véritablement imposée. Slack doit lui faire passer un cap, avec un service plébiscité par ses utilisateurs et plus riche en fonctionnalités, à l’image des chaînes partagées qui permettent à des employés de différentes entreprises de travailler sur des projets communs.

Contrer Microsoft – L’opération peut donc être interprétée de manière offensive: elle permet à Salesforce de viser de nouvelles opportunités de marché, alors même que l’épidémie du coronavirus et la montée du télétravail ont encore renforcé les besoins de collaboration. Mais ce rachat peut aussi être vu sous le prisme défensif, face à la concurrence de Microsoft. Avec Dynamics, le créateur de Windows offre une solution de CRM rivale à celle de Salesforce. Et il cherche de plus en plus à la coupler avec ses autres services, comme Office 365 et plus récemment Teams. Rival de Slack, ce dernier a connu une croissance explosive cette année grâce à l’intégration de la visioconférence. Et représente donc une nouvelle porte d’entrée dans l’écosystème de Microsoft, que Salesforce espère désormais contrer.

Pour aller plus loin:
– Menacé par Microsoft, Slack pourrait être racheté par Salesforce
– Comment Zoom veut capitaliser sur le coronavirus


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