Par , publié le 8 décembre 2020

C’était le grand projet de Travis Kalanick, le fondateur et ancien patron d’Uber. Le voilà abandonné. Lundi, la plate-forme américaine de VTC a officialisé la cession de sa division ATG, chargée de concevoir une voiture sans conducteur. Malgré des moyens colossaux, le programme semblait distancé par ses rivaux. Et coûtait très cher à une entreprise qui n’est toujours pas rentable. Comme elle l’avait fait en quittant le marché chinois, celle-ci ne recevra pas de liquidités mais 26% du capital de l’acheteur, Aurora. Uber va par ailleurs investir 400 millions de dollars dans cette start-up, qui travaille sur un poids lourd autonome.

Taxis autonomes – Uber ATG avait été fondé en 2015, en réponse aux ambitions de Google dans la voiture autonome. “C’est juste existentiel pour nous, assurait alors Travis Kalanick. Sinon, nous perdrons toute notre activité”. Le fondateur d’Uber ambitionnait de remplacer les chauffeurs, principale source de coûts, par un réseau de robots-taxis. Il évoquait, par exemple, le chiffre d’un million de véhicules dans la région de San Francisco. Cela devait permettre de casser encore plus les prix proposés à ses clients, tout en devenant rentable. La société avait mis les moyens, débauchant de nombreux ingénieurs et dépensant 700 millions de dollars pour racheter la start-up Otto.

Accident mortel – Parti en retard, Uber voulait aller très vite. Trop vite. En 2017, l’entreprise est attaquée en justice par Google, qui accuse Travis Kalanick d’avoir planifié le vol de secrets industriels avec le fondateur d’Otto. L’affaire s’éternise pendant plus d’un an, avant un accord à l’amiable entre les deux entreprises. Et freine considérablement les efforts d’Uber. En 2018, c’est un accident mortel dans l’Arizona qui met le projet à l’arrêt. Une enquête interne met alors en évidence des défaillances technologique et humaine. Le programme d’essais est suspendu pendant plusieurs mois. La fin du projet semble déjà programmée. Le nouveau patron d’Uber cherche en effet à limiter l’hémorragie financière, abandonnant en partie la vision de son prédécesseur.

Cessions d’actifs – Pour Dara Khosrowshahi, la priorité est désormais de trouver le chemin de la rentabilité. Or, le projet de robots-taxis est un défi technologique qui s’éternise, sans espoir de générer des retombées financières à court terme. Face à la chute de l’activité provoquée par l’épidémie de coronavirus, Uber cherche à limiter ses coûts, notamment en se séparant des actifs non stratégiques qui perdent de l’argent. C’est le cas de sa filiale européenne de fret routier et de Jump, son service de location de vélos et de trottinettes électriques. L’entreprise pourrait également abandonner son projet de taxis volants, pour lequel elle étudierait des “alternatives stratégiques”.

Pour aller plus loin:
Avenir incertain pour les taxis volants d’Uber
– Comment Uber a sauvé sa peau en Californie


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