Par , publié le 10 décembre 2020

L’année a été semée d’embûches mais elle s’achève bien pour Airbnb. Jeudi, la plate-forme de location de logements fait son entrée sur le Nasdaq. Profitant de l’appétit des investisseurs pour les valeurs technologiques, elle a relevé son prix d’introduction à la dernière minute. Elle a vendu ses actions à 68 dollars, contre une fourchette initiale allant de 44 à 50 dollars. Sept mois après avoir licencié environ un quart de ses effectifs, Airbnb est désormais valorisée à 47 milliards de dollars. Davantage que tous les grands groupes hôteliers. Et ce chiffre devrait encore grimper au terme du premier jour de cotation. En juin, la société avait levé de l’argent en urgence, sur la base d’une valorisation de… 18 milliards.

Impact du coronavirus – Si Airbnb a connu un fort rebond de son activité cet été, elle reste dépendante de la situation sanitaire. Elle a d’ailleurs déjà prévenu que le quatrième trimestre sera plus difficile, alors que de nombreux pays ont réimposé des restrictions sur les déplacements. La société constate déjà un repli des réservations et une nouvelle vague d’annulations. Certes, l’arrivée de vaccins laisse présager un retour à la normale. Mais de nombreux professionnels du tourisme estiment que celui-ci n’aura pas lieu avant fin 2021. En outre, Airbnb reconnaît que son activité pourrait être affectée par un faible dynamisme, voire une récession, des principales économies. Autant d’inconnues qui menacent, à court terme, une croissance qui ralentissait déjà avant le coronavirus.

Booking, Expedia et… Google –  A plus long terme, l’activité pourrait surtout être impactée par la concurrence de Booking et d’Expedia, les deux géants de la réservation hôtelière qui ont adapté leur offre. Cette rivalité est renforcée par la montée du cross-listing: la présence des logements sur plusieurs plate-formes. En raison de la structure des commissions, la facture peut être plus élevée sur Airbnb. Le pionnier du secteur conserve cependant des avantages: une offre plus riche, une marque forte et des clients fidèles. Airbnb cite un autre rival: Google, qui affiche désormais des locations de courte durée dans ses résultats. Cela fait baisser le trafic organique vers son service. La société indique qu’elle pourrait être contrainte de payer pour être mieux référencée, ce qui augmenterait ses coûts marketing.

Renforcement de la réglementation – Comme depuis son lancement, la plate-forme reste par ailleurs dans le collimateur des autorités. Elle est accusée de participer à la hausse des loyers en incitant des propriétaires à retirer leurs logements du marché de la location longue durée. Dans de nombreux pays, des restrictions sont ainsi imposées. Elles limitent notamment le nombre de jours de location (120 nuitées par exemple en France) ou contraignent la société à partager les données de ses hôtes. Aux Etats-Unis et en Europe, la réglementation s’accentue. Toutes ces mesures peuvent “décourager les hôtes de louer leurs propriétés”, reconnait Airbnb. Elles créent également une incertitude juridique, laissant peser la menace d’amendes.

Pour aller pour loin:
– Après avoir résisté au coronavirus, Airbnb va entrer en Bourse
– La Silicon Valley se prépare à une deuxième salve d’IPO


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