Par , publié le 18 janvier 2021

Une dernière levée de fonds avant une introduction en Bourse. Dimanche, Deliveroo a officialisé un nouveau tour de table, le dixième depuis son lancement en 2013, d’un montant de 180 millions de dollars (148 millions d’euros). Neuf mois après avoir publiquement redouté la faillite, la plate-forme de livraison de repas est désormais valorisée à plus de 7 milliards de dollars. C’est deux fois plus qu’il y a un an et demi. Selon la presse britannique, elle prévoit d’effectuer son IPO dès le mois d’avril, probablement sur le London Stock Exchange.

Rentabilité – Surfant sur l’appétit des marchés financiers – symbolisé par les débuts boursiers fracassants du service américain DoorDash -, Deliveroo vise une capitalisation encore plus élevée pour son introduction en Bourse. La société londonienne peut mettre en avant le bond de son activité en 2020 en raison de l’épidémie de coronavirus. Présente dans douze pays, principalement en Europe, elle s’est ainsi lancée dans près de 200 villes supplémentaires l’an passé. Elle a ajouté 46.000 restaurants à son réseau. Et a doublé le nombre de livreurs. Deliveroo assure aussi avoir atteint la rentabilité opérationnelle.

Cuisines partagées – Le groupe prévoit d’accélérer encore son développement cette année. Il promet, par exemple, de s’implanter dans une centaine de villes rien qu’au Royaume-Uni. Il ambitionne également de doubler son réseau de cuisines partagées – ou cuisines fantômes -, entièrement dédiées à la livraison de repas. Un concept popularisé aux Etats-Unis, qui commence à gagner du terrain en Europe. Deliveroo mise, par ailleurs, sur la livraison de courses. En France, la plate-forme s’est associée avec le groupe Casino. C’est le segment qui progresse le plus vite, indique-t-elle.

L’après-Covid – Début 2020, Deliveroo assurait pourtant être au bord de la faillite, alors qu’elle attendait le feu vert des autorités britanniques pour recevoir un investissement mené par Amazon. L’entreprise avait même dû contracter un prêt d’urgence de près de 200 millions de livres. Car elle affiche toujours de lourdes pertes pour financer sa croissance: 318 millions de livres (358 millions d’euros) en 2019. Si la crise sanitaire a accéléré la transition vers la livraison de repas, des doutes subsistent sur l’après-Covid. En particulier sur le niveau d’activité lorsque les restaurants pourront rouvrir leurs portes. La société doit, en plus, faire face à une forte concurrence qui pourrait limiter ses marges. Et donc sa rentabilité.

Pour aller plus loin:
– Profitant du coronavirus, DoorDash capitalise à Wall Street
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