Par , publié le 21 janvier 2021

Après une première tentative ratée il y a huit mois, Virgin Orbit est parvenu dimanche à lancer sa fusée dans l’espace. Un succès capital qui valide un pari aussi audacieux que risqué. Son appareil ne décolle pas verticalement depuis un pas de tir: il est fixé sous l’aile d’un Boeing 747 puis largué à une altitude d’environ 10.000 mètres. La société spatiale du milliardaire britannique Richard Branson espère ainsi prendre de court ses rivales sur le marché prometteur du lancement de petits satellites.

Phase commerciale – En mai 2020, le premier vol d’essai de la fusée LauncherOne avait échoué, à cause d’une anomalie lors de l’allumage des moteurs. Touchée par l’épidémie du coronavirus au sein de ses équipes d’ingénieurs, l’entreprise avait dû repousser sa deuxième tentative, initialement espérée en fin d’année dernière. Dimanche, elle a finalement réussi à placer dix satellites de la NASA sur orbite basse. Elle ne souhaite désormais plus perdre de temps, promettant de passer à la phase commerciale dès sa prochaine mission.

Forte croissance – Virgin Orbit revendique déjà plusieurs clients, comme la nouvelle Space Force américaine, l’armée de l’air britannique et quelques entreprises. Le marché s’annonce important alors que l’accès à l’espace a été démocratisé par les progrès technologiques et par la chute des coûts. Plusieurs centaines de petits satellites devraient être lancés chaque année pour répondre aux besoins de communication et d’imagerie. Le marché se répartit aujourd’hui entre SpaceX, qui transporte ces appareils en tant que charge utile secondaire, et la start-up Rocket Lab avec son mini-lanceur Electron.

Plusieurs avantages – D’autres sociétés lorgnent aussi ce marché, dont Blue Origin, le groupe spatial de Jeff Bezos, le patron d’Amazon. Face à cette concurrence, Virgin Orbit estime que son modèle lui procure plusieurs avantages. D’abord, elle pourra procéder à des lancements partout dans le monde depuis une simple piste, simplifiant grandement une logistique parfois complexe. Cela doit aussi permettre d’éviter l’embouteillage des pas de tir et de limiter les retards liés aux conditions météorologiques. Enfin, la société promet davantage de flexibilité à ses clients pour atteindre l’orbite souhaitée.

Pour aller plus loin:
– SpaceX se veut rassurant sur son projet d’Internet par satellite
– SpaceX transporte des astronautes de la NASA, première étape vers Mars


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