Par , publié le 26 janvier 2021

L’application fait fureur dans le petit cercle des influenceurs de la Silicon Valley. Un club longtemps très privé à contre-courant des autres réseaux sociaux, qui rassemble investisseurs, entrepreneurs et journalistes de la tech américaine. Son nom: Clubhouse. Lundi, la start-up a officialisé une nouvelle levée de fonds, auprès notamment du prestigieux fonds de capital-risque Andreessen Horowitz. Selon les informations de la presse américaine, elle aurait recueilli 100 millions de dollars. Et sa valorisation s’élèverait déjà à un milliard de dollars (821 millions d’euros), neuf mois seulement après son lancement.

Peu d’invitations – S’ils peuvent paraître surprenants, ces chiffres s’inscrivent dans la lignée du précédent tour de table, mené début 2020. Avant même le lancement officiel de l’application sur l’App Store, la société avait en effet été valorisée à 100 millions de dollars. Elle ne comptait alors que… 1.500 inscrits ! La plate-forme est portée par un buzz savamment entretenu par son caractère exclusif. Seules les personnes invitées par des utilisateurs peuvent espérer la rejoindre. Longtemps, les précieux sésames n’ont été délivrés qu’au compte-gouttes. Et les heureux élus ont, eux, offert du marketing gratuit sur les réseaux sociaux.

Salons de discussion – Au-delà du buzz, Clubhouse c’est aussi un concept qui se démarque des autres réseaux sociaux. Celui-ci repose uniquement sur l’audio. L’application permet de rejoindre des salons de discussion, qui s’apparentent à des salles de conférences. Sur “scène”, plusieurs personnes évoquent un sujet. L’auditoire peut, lui, lever la main pour participer ou poser une question. Depuis, d’autres utilisations ont émergé, par exemple pour écouter de la musique. Récemment, Clubhouse a fortement augmenté le nombre d’invitations. L’application, qui doit bientôt arriver sur Android, revendique désormais deux millions d’utilisateurs actifs par semaine.

Monétiser l’audience – Cette ouverture à un public plus large est indispensable pour espérer justifier un tel niveau de valorisation. Mais la société devra aller bien plus loin. Elle devra encore augmenter son audience, prouvant au passage que son succès n’a pas été artificiellement gonflé par la crise sanitaire. Et elle devra trouver un moyen de la monétiser, alors que Clubhouse n’affiche aucune publicité. Plusieurs pistes sont d’ores et déjà à l’étude, comme les donations, des salons payants ou encore des abonnements. De quoi prélever des commissions, tout en apportant des sources de revenus aux créateurs de contenus.

Pour aller plus loin:
– Comment Gab est devenu le nouveau refuge de l’extrême droite américaine
– Les Etats-Unis veulent limiter la protection juridique des réseaux sociaux


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