Par , publié le 27 janvier 2021

C’est une bataille qui se joue à 550 kilomètres de la Terre… mais aussi sur Twitter. Mardi, SpaceX et Amazon ont exposé au grand jour le conflit qui les oppose devant la Federal Communications Commission (FCC), le gendarme américain des télécoms. Cette dispute tourne autour de l’orbite sur laquelle les deux sociétés américaines souhaitent placer des milliers de petits satellites pour fournir un accès à Internet. Respectivement dirigées par Elon Musk et Jeff Bezos, les deux premières fortunes mondiales, elles s’accusent mutuellement de vouloir “paralyser” la concurrence.

Orbite basse – L’an passé, SpaceX a demandé à la FCC la permission de lancer 2.800 satellites sur une orbite plus basse qu’initialement prévu, à environ 550 kilomètres au lieu de 1.200 kilomètres. En 2019, le groupe spatial avait déjà été autorisé à le faire pour 1.600 appareils. Selon ses dirigeants, ce changement doit permettre d’accélérer le déploiement du projet Starlink, tout en limitant le risque que des satellites défectueux ne deviennent de dangereux débris spatiaux. Mais plusieurs entreprises, dont Amazon, dénoncent cette requête, estimant qu’elle pourrait créer des interférences avec leurs satellites placés sur des orbites voisines.

Jusqu’à 42.000 satellites – Comme SpaceX, le géant du commerce en ligne ambitionne de lancer une constellation de satellites pour un coût estimé à dix milliards de dollars. Ce projet, baptisé Kuiper, a obtenu le feu vert de la FCC l’été dernier. Il prévoit de déployer 3.200 appareils à une altitude comprise entre 590 et 630 kilomètres. C’est nettement moins que Starlink, qui a déjà obtenu l’autorisation de lancer 12.000 satellites et espère, à terme, dépasser la barre des 40.000. Malgré quelques avancées technologiques récentes, Amazon n’a toujours pas lancé le moindre satellite. Ni indiqué de date de mise en service.

Marché gigantesque – En avance sur son rival, SpaceX a déjà placé plus de 1.000 satellites. Fin 2020, le groupe a ouverte une phase de bêta publique. Et promet de couvrir quasiment toute la population mondiale dès 2021. “Ce n’est pas rendre service au public de paralyser Starlink au profit du système de satellites d’Amazon qui ne sera pas opérationnel avant des années dans le meilleur des cas”, s’offusque ainsi Elon Musk. En jeu: un marché gigantesque estimé à plusieurs dizaines, voire même une centaine, de milliards de dollars par an. En allant vite, SpaceX peut espérer tirer un avantage concurrentiel sur ses futurs rivaux, en termes de part de marché et de rentrées financières.

Pour aller plus loin:
– SpaceX transporte des astronautes de la NASA, première étape vers Mars
– Virgin lance des satellites depuis un avion


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