Uber se lance dans la livraison d’alcool… mais pas de cannabis

Par , publié le 4 février 2021

Touché de plein fouet par l’épidémie de coronavirus qui a fait chuter son activité de transport de passagers, Uber accélère sa transition vers la livraison. Un secteur qui enregistre, lui, une forte croissance. Mardi, l’entreprise californienne a officialisé le rachat de Drizly, une start-up spécialisée dans la livraison d’alcool à domicile. L’opération se chiffre à 1,1 milliard de dollars (915 millions d’euros). Elle fait suite au rachat, conclu l’été dernier, de Postmates pour 2,7 milliards de dollars. Celui-ci avait permis à Uber de gagner des parts de marché dans la livraison de repas aux États-Unis.

Alcool, courses, médicaments – Lancée en 2012, Drizly revendique plus de 4.000 magasins partenaires dans environ 1.400 villes américaines. L’an passé, son activité aurait été multipliée par quatre. A terme, son service va être intégré à Uber Eats, la plate-forme de livraison de sa nouvelle maison mère. Pour proposer de l’alcool à ses clients, Uber ne partira ainsi pas de zéro. Comme ses rivales, de DoorDash aux États-Unis à Deliveroo en Europe, l’entreprise souhaite enrichir son offre de livraison. En plus des repas, elle propose également, dans certaines villes, de faire ses courses ou d’acheter des médicaments.

Cessions d’actifs – Les acquisitions successives de Postmates et de Drizly constituent un symbole fort du virage pris par Uber, qui semble désormais bien plus miser sur la livraison que sur les transports. À la recherche d’économies, le groupe s’est lancé dans une vaste politique de cession d’actifs jugés non stratégiques: sa plate-forme de location de vélos et de trottinettes électriques, sa division chargée de concevoir un véhicule autonome ou encore son projet de voitures volantes. Le grand projet de transformation d’Uber n’est plus de devenir une plate-forme unique pour tous les moyens de transport. Mais une plate-forme unique pour toutes les livraisons.

Pas de cannabis – Dans cette stratégie de diversification, la société n’est pas allée aussi loin qu’elle aurait pu. En effet, elle a choisi de ne pas mettre la main sur Lantern, une filiale lancée l’an passé par Drizly pour livrer du cannabis. Longtemps interdite, la vente à distance vient d’être autorisée dans plusieurs États. Le marché est considéré comme très prometteur. Mais il est aussi fortement réglementé, alors que la consommation et le commerce de cannabis restent illégaux au niveau fédéral. Interrogé par la chaîne CNBC, Dara Khosrowshahi, le patron d’Uber, n’exclut pas cependant de se lancer plus tard.

Pour aller plus loin:
– Uber abandonne son projet de robots-taxis
– Comment Uber a sauvé sa peau en Californie

Contactez-nous  –  Politique de confidentialité