Par , publié le 1 mars 2021

C’est du jamais vu pour une start-up en Europe. En officialisant lundi une nouvelle levée de fonds, d’un montant d’un milliard de dollars, Klarna est devenue la société non cotée la mieux valorisée de l’histoire de la tech européenne. Le spécialiste suédois du “acheter maintenant, payer plus tard” vaut désormais 31 milliards de dollars (25,6 milliards d’euros). C’est trois fois plus que lors de son précédent tour de table, pourtant mené il y a à peine six mois ! Depuis, “notre succès aux Etats-Unis a tout accéléré”, souligne Sebastian Siemiatkowski, le patron de Klarna, interrogé par Bloomberg.

Paiement différé – Klarna permet de régler des achats en trois ou quatre fois sans frais. Pour les dépenses plus importantes, elle offre des crédits pouvant aller jusqu’à 36 mois, cette fois-ci avec des taux d’intérêt. Le service propose aussi de différer les paiements, le temps d’essayer un article et de le retourner sans jamais être débité. Ces nouvelles options, facilement accessibles en ligne, séduisent les consommateurs. Selon Klarna, elles permettent aussi d’augmenter le taux de conversion de 20% et le panier moyen de 60%. La société revendique désormais plus de 200.000 marchands partenaires, dont Nike, H&M et Ikea. Elle se rémunère principalement en facturant aux vendeurs des commissions sur chaque achat.

Conquête américaine – Klarna assure attirer 90 millions de consommateurs. Pour accroître ses volumes, elle a lancé une application de shopping qui permet de trouver des bons plans. Et surtout de régler, grâce à une carte bancaire virtuelle, en magasin et chez tous les e-marchands, même Amazon. Déjà bien implantée en Europe, mais pas encore en France, la société veut désormais conquérir le gigantesque marché américain. La concurrence y est féroce, entre les solutions concurrentes proposées par PayPal ou Affirm et les traditionnelles cartes de crédit. Mais Klarna indique avoir convaincu 20 des 100 plus grandes marques dans le pays. Et avoir séduit 3 millions de clients sur le seul quatrième trimestre.

Surendettement – Portée également par le bond du commerce en ligne, l’entreprise a connu une forte croissance en 2020. Le volume d’achats a grimpé de près de 50%, au-delà des 50 milliards de dollars. Cependant, ses pertes se sont aussi creusées, atteignant 150 millions. Cela s’explique par ses investissements aux Etats-Unis et par une hausse des pertes de crédit, qu’elle subit lorsqu’un acheteur n’effectue pas tous les versements. Klarna met en avant la mutation des habitudes de consommation. Mais ses ambitions suscitent des craintes, qui pourraient impacter sa croissance: au Royaume-Uni, le régulateur souhaite en effet instaurer de nouvelles règles pour éviter des situations de surendettement, notamment des plus jeunes consommateurs.

Pour aller plus loin:
– Comment Alma surfe sur la vague du acheter maintenant, payer plus tard”
– Pour les start-up européennes, une année record en trompe-l’œil


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