Par , publié le 22 mars 2021

Et de trois. Comme l’américain Nikola et le chinois Kandi fin 2020, le futur fabricant de voitures électriques Lordstown Motors est accusé de fraude par Hindenburg Research. Selon ce fonds, la société aurait artificiellement gonflé le nombre de précommandes, lui permettant notamment de récolter 675 millions de dollars lors de son entrée en Bourse. Des allégations fermement réfutées par les dirigeants de Lordstown. La semaine dernière, une enquête a été ouverte par la Securities & Exchange Commission, le gendarme boursier américain. Une plainte a également été déposée par des actionnaires.

Investissement de GM – Fondé en 2018, Lordstown promet de commercialiser dès cet automne un pick-up électrique, baptisé Endurance, devançant ainsi le lancement du Cybertruck de Tesla. Pour le produire, la jeune entreprise a racheté une ancienne usine de General Motors dans l’Ohio. Elle assure pouvoir rapidement atteindre une cadence de 60.000 véhicules par an. Et elle promet également de lancer un deuxième modèle, un van, en 2022. Après avoir obtenu un investissement de GM, Lordstown s’est introduit fin 2020 en Bourse grâce à une SPAC (société d’acquisition à vocation spécifique, la dernière mode à Wall Street). En février, sa capitalisation boursière dépassait les 5 milliards de dollars.

Prototype en feu – Les belles promesses de Lordstown sont désormais remises en cause par Hindenburg Research, un short seller qui parie sur la chute d’une action pour engranger des gains. Dans un rapport publié mi-mars, le fonds remet en cause la réalité des 100.000 précommandes annoncées par le constructeur. Et de lister plusieurs exemples de petites sociétés ayant passé des centaines de commandes… sans obligation d’achat. Le rapport cite également un ancien employé qui assure que les retards se multiplient et que la production ne pourra pas débuter avant trois ans. Enfin, il rappelle que le premier essai sur route s’est conclu, en janvier, au bout de dix minutes par un important incendie.

Bulle – Les accusations formulées contre Lordstown, Nikola et Kandi illustrent l’euphorie autour des véhicules électriques. Dans le sillage de Tesla, dont la capitalisation boursière est trois fois supérieure à celle de Toyota, les investisseurs se ruent sur les constructeurs. Malgré des ventes encore faibles, le chinois Nio vaut davantage que BMW. Ses compatriotes Xpeng et Li Auto davantage que Nissan. Surtout, les marchés parient sans aucune hésitation sur des start-up n’ayant pas encore produit le moindre véhicule. Il en est de même pour les batteries et les stations de recharge. Une bulle, alimentée par les SPAC, qui commence cependant à se dégonfler. Depuis février, l’action de Lordstown a perdu de la moitié de sa valeur.

Pour aller plus loin:
– General Motors laisse les camions à hydrogène de Nikola sur le bas-côté
– Les rivaux chinois de Tesla gagnent du terrain et visent l’Europe


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