Par , publié le 23 mars 2021

Après l’Europe et l’Australie, les Etats-Unis s’apprêtent aussi à passer à l’action contre les géants technologiques américains. En mai, le Congrès examinera une dizaine de projets de loi pour limiter leur domination, a promis dimanche soir le puissant parlementaire démocrate David Cicilline. Mais à Washington, comme à Bruxelles et à Canberra, un nom n’est quasiment jamais cité. Celui de Microsoft. Non seulement, le concepteur de Windows passe sous le radar des politiques et des autorités de la concurrence. Mais il se présente comme un bon élève, se permettant, par la voix de son président Brad Smith, de donner des leçons.

Le procès de 1998 – Ironiquement, le dernier grand procès antitrust contre une entreprise tech aux Etats-Unis visait Microsoft. C’était en 1998. La société de Redmond, encore dirigée par Bill Gates, est alors accusée de pratiques anticoncurrentielles. Le département de la Justice lui reproche notamment d’avoir imposé Internet Explorer comme navigateur par défaut sur les ordinateurs tournant sous Windows, provoquant la chute de son grand rival Netscape. La procédure aboutit en 2001 par un accord à l’amiable. Vingt ans plus tard, Microsoft est toujours un mastodonte, deuxième capitalisation boursière américaine. Mais un mastodonte beaucoup plus discret.

Puissance “en coulisses” – Alors que les PC ont été supplantés par les smartphones, le groupe n’est en effet plus au cœur de notre vie numérique. Windows a laissé sa place à Android et iOS. Internet Explorer n’existe plus. Son remplaçant, Edge, ne s’octroie qu’une petite part du marché. Tout comme le moteur de recherche Bing. Les internautes partagent leur vie sur Facebook et ses filiales, Instagram et WhatsApp. Et ils effectuent leurs achats sur Amazon. La puissance de Microsoft se trouve, elle, “en coulisses”, avec sa suite bureautique Office et son cloud Azure, loin des yeux et des préoccupations de l’opinion publique et de la classe politique.

Accusations de Slack – Epargné par les régulateurs, Microsoft peut ainsi soigner son image. Par exemple, en se rangeant du côté des éditeurs de presse dans leur conflit avec Google et Facebook. Ou encore du côté des développeurs qui se plaignent des commissions sur l’App Store et le Play Store, les boutiques d’applications d’Apple et de Google. Oubliant au passage que le Microsoft Store prélève le même pourcentage sur les achats. Surtout, la société est aussi accusée de pratiques anticoncurrentielles, par exemple sur le marché des communications en entreprise. L’an passé, le pionnier Slack, racheté depuis par Salesforce, a ainsi déposé une plainte devant la Commission européenne.

Pour aller plus loin:
– Joe Biden lance un avertissement aux géants de la tech
– Menacé par Microsoft, Slack est racheté par Salesforce


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