Par , publié le 21 avril 2021

Après une année 2020 record, Netflix s’attend à enregistrer sa pire performance en dix ans. La plateforme américaine de streaming vidéo estime qu’elle ne gagnera qu’un million d’abonnés entre avril et juin. Ce serait alors le plus petit gain trimestriel depuis 2011, date du fiasco Qwikster – la séparation de son offre en ligne et de son offre historique de location de DVD, qui lui avait fait perdre 800.000 abonnés. Les dirigeants de la société se veulent confiants. Ce trou d’air n’est pas dû à une concurrence plus forte, assurent-ils. Mais à une “offre de contenus plus légère” en raison de la crise sanitaire. Ils prédisent ainsi un retour à la normale au deuxième semestre.

Contrecoup du Covid – Ces difficultés temporaires se sont déjà matérialisées au cours des trois premiers mois de l’année. Sur la période, Netflix a gagné 4 millions de clients, essentiellement en Europe et en Asie. Une hausse nettement inférieure à sa prévision de 6 millions. Pour expliquer ces mauvais chiffres, son patron Reed Hastings avance d’abord un contrecoup lié aux performances historiques de 2020. Portée par les confinements dans de nombreux pays, l’entreprise avait attiré près de 37 millions d’abonnés supplémentaires. Au lieu d’être lissée sur deux ans, la croissance se serait ainsi concentrée sur quelques mois.

Retards de production – La crise sanitaire commence par ailleurs à impacter l’offre de contenus originaux de Netflix, l’une des clés de son succès. Jusqu’à présent, la plateforme avait réussi à maintenir un rythme de sortie élevé grâce aux tournages réalisés avant le début de l’épidémie. Mais les retards de production du printemps 2020 commencent désormais à se répercuter sur le calendrier des sorties. En février et mars, peu de séries et de films récents ont été ajoutés. Netflix promet une amélioration au deuxième semestre, avec le retour de plusieurs séries vedettes, notamment La Casa de Papel. Et la sortie de plusieurs longs-métrages portés par des stars d’Hollywood.

Concurrence accrue – Si Reed Hastings assure que ces difficultés avaient été anticipées, personne n’avait prédit qu’elles auraient un tel impact sur la croissance du nombre d’abonnés. De quoi poser la question de l’intensification de la concurrence, avec les lancements de Disney+, Paramount+ ou encore HBO Max. Une hypothèse écartée par le patron de Netflix, qui assure que le ralentissement a également eu lieu dans des pays où ces nouveaux rivaux sont absents. Pour le dirigeant, la principale compétition vient d’ailleurs toujours de la télévision, dont le déclin, qui s’accélère dans certains pays, laisse de la place à plusieurs offres de streaming.

Pour aller plus loin:
– Pourquoi Netflix s’attaque (enfin) au partage de compte
– Dominé par Disney et Amazon, Netflix accélère ses investissements en Inde


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