Par , publié le 9 mai 2021

Comme son grand rival Xpeng, Nio a choisi la Norvège pour se lancer hors de Chine. La semaine dernière, le constructeur de voitures électriques a officialisé la commercialisation de deux modèles dans le pays. D’abord, son SUV ES8 en septembre, puis sa berline de luxe ET7, dotée d’une autonomie de 1.000 kilomètres, l’année prochaine. “Dès le départ, notre vocation a été de devenir une marque internationale”, souligne William Li, son fondateur et patron. La société ambitionne ainsi de s’implanter sur au moins quatre autres marchés européens d’ici la fin 2022.

Sauvée de la faillite – Fondé en 2014, Nio est aujourd’hui le premier fabricant chinois de voitures électriques sur le segment premium. Il devance de peu Li Auto et Xpeng, mais reste toujours très loin de Tesla, qui a livré l’an passé trois fois plus de véhicules en Chine. Il y a deux ans pourtant, après une introduction en Bourse décevante à New York et plus de trois milliards d’euros de pertes en 24 mois, l’entreprise a frôlé la faillite. Elle a été sauvée par un investissement public. Depuis, ses ventes ont enfin décollé. Et son action s’est envolée: dans le sillage de Tesla, Nio est même devenu temporairement fin 2020 le quatrième constructeur par la capitalisation boursière.

7.000 ventes en deux ans ? – Fort de son succès domestique, Nio peut désormais partir à la conquête de l’Europe, le deuxième marché mondial derrière la Chine pour les véhicules électriques. Le choix de la Norvège n’est pas une surprise. Fin 2020, Xpeng y avait déjà exporté ses 100 premières voitures.“C’est le pays le plus avancé”, justifie William Li. Grâce à une politique très volontariste du gouvernement, les voitures électriques représentent plus de la moitié des immatriculations. Nio devra rivaliser avec Tesla, mais aussi avec Audi, Volkswagen ou encore Nissan. “Nous ne nous attendons pas à rencontrer le succès immédiatement”, reconnait son patron. Selon la presse chinoise, la société se serait ainsi fixée un objectif très prudent: 7.000 ventes en Europe en deux ans.

Batteries échangeables – Pour s’imposer sur le continent, William Li sait qu’il devra se montrer “patient”. Car sa société part avec un handicap de taille: un déficit d’image de marque. Plus que de générer d’importantes ventes, les premières voitures commercialisées auront pour but de lui apporter de la crédibilité. Nio mise aussi sur un modèle différent des constructeurs occidentaux: des batteries échangeables. Celles-ci permettent aux automobilistes de se rendre dans une station et de repartir cinq minutes plus tard avec une batterie pleine. Ce modèle permet aussi de réduire de 20% le prix d’achat, en échange d’un abonnement mensuel (environ 100 euros en Chine). Il exige cependant du temps et des investissements pour déployer un réseau de stations suffisamment dense.

Pour aller plus loin:
– Les rivaux chinois de Tesla gagnent du terrain… et visent l’Europe
– Pour la première fois de son histoire, Tesla termine une année dans le vert


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