Par , publié le 3 juin 2021

Huawei lève le voile sur HarmonyOS. Mercredi, le groupe chinois a présenté son nouveau système d’exploitation mobile qui doit progressivement remplacer Android sur ses smartphones. Et comme attendu, celui-ci ne représente pas une révolution majeure, aussi bien dans l’expérience utilisateur que dans les fonctionnalités. HarmonyOS s’apparente en fait à une version modifiée d’Android, ajoutant quelques éléments piochés sur iOS d’Apple, à l’image de son centre de contrôle. Pour se différencier, Huawei a beaucoup insisté sur la possibilité de communiquer plus facilement avec d’autres appareils, comme une tablette, un ordinateur ou une enceinte. Une promesse qui doit encore être vérifiée.

Chute des ventes – Si Huawei assure que le développement d’HarmonyOS a débuté il y a plusieurs années, son lancement a été précipité par les sanctions américaines imposées en 2019. Soupçonnée par Washington d’espionnage au profit de Pékin, la société de Shenzhen a été placée sur une liste noire qui interdit toute collaboration avec des entreprises américaines, sauf dérogation. Elle a ainsi perdu accès à Android et à tous les autres services proposés par Google. En particulier au Play Store, l’indispensable boutique d’applications. Cela s’est traduit par une chute massive de ses ventes, surtout en Europe. Au quatrième trimestre, Huawei a accusé une baisse inédite de son chiffre d’affaires.

Boutique d’applications – Le groupe promet de déployer rapidement son nouveau système d’exploitation: au cours des prochains mois, de nombreux smartphones, même très anciens, recevront une mise à jour vers HarmonyOS. Il vise 300 millions d’appareils équipés d’ici à la fin de l’année. Et espère aussi convaincre d’autres fabricants chinois, comme Xiaomi, Oppo et Vivo, d’abandonner Android. Huawei souhaite rapidement atteindre une taille critique qui doit lui permettre de séduire les développeurs d’applications. Hors de Chine, l’offre de sa boutique AppGallery reste trop limitée. Facebook, WhatsApp, Netflix, Disney+ ou encore Uber ne sont pas disponibles.

Pénurie de composants – Au-delà d’une base d’utilisateurs importante, Huawei mise également sur des commissions ramenées à 15% et sur des outils pour simplifier le travail des développeurs. La tâche s’annonce cependant difficile, d’autant plus si les ventes des appareils de la marque continue de chuter. Malgré ses efforts, Microsoft n’avait jamais réussi à créer un écosystème suffisamment riche pour représenter une alternative à Android et à iOS. Surtout, HarmonyOS ne réglera, au mieux, qu’un seul problème. Toujours ciblé par Washington, Huawei fait face à une pénurie de composants, l’obligeant à réduire fortement sa production, en particulier pour les terminaux 5G. Cela commence déjà à se répercuter sur ses ventes en Chine.

Pour aller plus loin:
– Huawei accuse une baisse inédite de son chiffre d’affaires
– Oppo fait le pari du haut de gamme pour conquérir l’Europe


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