Par , publié le 8 juin 2021

En levant 750 millions de dollars supplémentaires, Nubank ne conforte pas seulement son statut de première néobanque au monde. La société brésilienne fait aussi entrer à son capital l’investisseur américain Warren Buffett, ce qui devrait lui ouvrir encore plus grand les portes de Wall Street. Avec cette opération, Nubank est désormais valorisée à 30 milliards de dollars (24,6 milliards d’euros), soit cinq milliards de plus qu’en janvier. C’est aussi deux fois plus que sa plus proche rivale, l’américaine Chime. Et cinq fois plus que la britannique Revolut, leader du secteur en Europe.

40 millions de clients – Lancée en 2013, la néobanque a chamboulé le marché bancaire brésilien. Peu concurrentiel, celui-ci est dominé par cinq grandes banques connues pour leurs taux d’intérêt et leurs commissions très élevées. A l’inverse, Nubank propose des cartes et des comptes gratuits, qui séduisent notamment tous ceux qui n’ont pas ou peu accès au système bancaire traditionnel. Rien qu’au Brésil, cela représente 60 millions de personnes. En ajoutant les autres pays du continent, ce chiffre grimpe à 250 millions. Moins de dix ans après son lancement, la société revendique 40 millions de clients, principalement au Brésil, mais aussi au Mexique et en Colombie.

Prêts et assurances – La moitié de ces clients ont ouvert un compte au cours des 18 derniers mois. Cette accélération est en partie liée a l’épidémie de coronavirus, estime David Velez, son fondateur et patron. Le développement du commerce en ligne a en effet accentué la nécessité de disposer d’une carte de paiement. L’an passé, la société a ainsi enregistré un bond de 79% de son chiffre d’affaires, à 5 milliards de réaux (820 millions d’euros). Nubank a également diversifié son offre, proposant désormais des assurances et des prêts, des activités qui affichent de plus fortes marges. Elle a aussi lancé une plateforme de paiement entre amis.

Nouveaux concurrents – Avec sa nouvelle levée de fonds, qui s’ajoute aux 400 millions déjà récoltés en janvier, l’entreprise souhaite poursuivre son développement à l’international. Elle doit notamment s’implanter en Argentine au cours des prochains mois. Au Mexique et en Colombie, elle prévoit d’enrichir son offre, pour le moment limitée à une carte de crédit. Et au Brésil, Nubank ambitionne de lancer de nouveaux produits, pour garder la main face à l’arrivée de nouveaux concurrents. Malgré les importantes ressources financières dont il dispose, son patron exclut en revanche un lancement aux Etats-Unis, un marché pourtant gigantesque. Tout simplement prévoit-il d’entrer en Bourse à New York.

Pour aller plus loin:
– Comment la néobanque Revolut espère percer aux Etats-Unis
– Snowflake, l’éditeur de logiciel qui a séduit Warren Buffett


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