Aux Etats-Unis, le déploiement de la 5G alarme les compagnies aériennes

Par , publié le 9 janvier 2022

Des avions incapables d’atterrir à cause de la 5G ? C’est le scénario noir redouté aux Etats-Unis par les grandes compagnies aériennes. Depuis plusieurs mois, elles opposent à l’industrie des télécoms une féroce bataille d’experts, qui déchire l’administration américaine. Mais après avoir accepté de retarder leurs projets, les opérateurs mobiles ne souhaitent plus perdre de temps. Verizon et AT&T ont ainsi annoncé qu’ils allaient bien poursuivre le déploiement de la nouvelle génération de l’Internet mobile, pour laquelle ils viennent de dépenser 70 milliards de dollars.

Fréquences proches – Le conflit trouve sa source dans l’attribution, l’an passé, de nouvelles fréquences pour la 5G, autrefois réservées aux satellites. Celles-ci doivent permettre aux opérateurs mobiles d’accroître leur couverture et d’offrir des débits plus élevés à leurs clients. Mais elles sont aussi proches des fréquences utilisées par les instruments de bord des avions, comme les radioaltimètres qui mesurent l’altitude. Les autorités aériennes (FAA) redoutent donc des interférences, qui altéreraient le fonctionnement de ces appareils. En cas de mauvaise visibilité, les avions ne pourraient alors plus atterrir en toute sécurité. Des milliers de vols par jour pourraient ainsi être annulés ou déroutés vers d’autres aéroports.

Zones d’exclusion – Face à ces craintes, les opérateurs rétorquent que le risque d’interférence n’a pas été démontré. D’ailleurs, l’utilisation de ces fréquences ne pose aucun problème dans plusieurs pays, soulignent-ils. Ils ont également accepté de réduire la puissance de leurs antennes à proximité des pistes d’atterrissage. Et de ne pas déployer la 5G autour de 50 aéroports américains au cours des six prochains mois. Mais ces zones d’exclusion ne sont pas assez larges, estime la FAA, qui souhaite effectuer davantage de tests. L’autorité milite donc pour un délai supplémentaire avant d’autoriser l’utilisation de ces fréquences. Verizon et AT&T prévoient de les mettre en service dès le 19 janvier.

Argument commercial – L’enjeu du conflit est aussi financier. Pour les compagnies aériennes, des vols annulés ou modifiés représentent des coûts importants car elles devront dédommager leurs passagers. Pour Verizon et AT&T, tout délai supplémentaire risque de leur faire perdre des parts de marché. La 5G est en effet devenue un argument commercial primordial, notamment depuis le lancement des premiers iPhone compatibles. Les deux opérateurs veulent convertir le maximum d’abonnés à leurs forfaits 5G, vendus plus chers. Ils craignent aussi de se faire distancer par leur rival T-Mobile, qui utilise d’autres fréquences pour sa 5G.

Pour aller plus loin:
– Pourquoi la 5G ne décolle toujours pas en France
– Le déploiement de la 5G s’accélère… mais surtout en Chine

Contactez-nous  –  Politique de confidentialité