Elon Musk à nouveau dans le collimateur du gendarme boursier américain

Par , publié le 31 mai 2022

L’offensive d’Elon Musk sur Twitter avait interloqué les spécialistes de la législation boursière américaine. Les autorités lui réclament désormais des comptes. Vendredi dernier, la Securities and Exchange Commission (SEC) a révélé qu’elle avait lancé des investigations sur le patron de Tesla et de SpaceX. Elle le soupçonne de ne pas avoir respecté les règles lorsqu’il est devenu, début avril, le premier actionnaire du réseau social à l’oiseau bleu. Depuis, le milliardaire, première fortune mondiale, a formulé une offre de rachat de 44 milliards de dollars. Une acquisition qu’il souhaite maintenant mettre en pause, peut-être pour mieux renégocier.

Mauvais formulaire – Concrètement, le gendarme boursier reproche deux éléments à Elon Musk. D’abord, d’avoir attendu le 4 avril pour rendre public sa prise de participation de 9,2% dans Twitter. La législation impose en effet aux investisseurs de communiquer dans les dix jours lorsqu’ils atteignent 5% du capital, un seuil franchi par le milliardaire le 14 mars. Ce délai supplémentaire lui a permis de faire d’importantes économies, car l’action de Twitter a bondi dès qu’il a officialisé son entrée dans le capital. Ensuite, la SEC se demande pourquoi Elon Musk a rempli le mauvais formulaire, celui réservé aux investisseurs “passifs”, ne souhaitant pas jouer un rôle au quotidien dans la gestion de la société. Et encore moins lancer une offre de rachat… dix jours plus tard.

Lourd passif – Face à la SEC, Elon Musk devrait certainement plaider une simple erreur. Dès le 5 avril, il avait d’ailleurs rempli un nouveau formulaire, destiné aux investisseurs qui souhaitent être actifs. Mais le patron de Tesla a déjà un lourd passif avec les autorités boursières américaines, qu’il critique régulièrement. En 2018, il avait été poursuivi après une tentative avortée de retrait de la cote du constructeur de voitures électriques. Accusé de manipulation de cours, il avait ensuite conclu un accord à l’amiable, l’obligeant notamment à céder son poste de directeur du conseil d’administration. Et à faire valider ses tweets contenant des informations importantes sur Tesla par les services juridiques. Une restriction qu’il tente en vain de faire annuler par la justice.

Renégociation – En attendant les conclusions de la SEC, le rachat de Twitter demeure dans le flou. Le mois dernier, Elon Musk a annoncé la suspension de son offre, le temps d’obtenir des vérifications sur le pourcentage de faux comptes, estimé à 5% par la société. Si le milliardaire ne dispose pas de moyens légaux pour interrompre le processus de vente, qui suit donc son cours, il pourrait tenter de mettre la pression sur les dirigeants de sa cible. Et ainsi obtenir une renégociation à la baisse du prix d’achat – qui apparaît aujourd’hui très élevé compte tenu du plongeon des valeurs technologiques en Bourse. D’autres y voient une tactique pour retirer son offre, un scénario qui se traduirait très certainement par une longue bataille judiciaire avec Twitter.

Pour aller plus loin:
Elon Musk met “en pause” son offre de rachat de Twitter
– Ambitieux ou irréaliste ? Comment Elon Musk veut relancer Twitter

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