Mark Zuckerberg face aux doutes sur sa stratégie dans le métaverse

Par , publié le 11 octobre 2022

Jamais la stratégie de Mark Zuckerberg n’avait suscité autant de doutes à Wall Street, et surtout en interne. Mardi soir, à l’occasion de Meta Connect, sa conférence annuelle dédiée au métaverse, le patron de Meta ne devait pas seulement convaincre les développeurs de l’avenir radieux de ce monde virtuel, qu’il considère comme la prochaine plateforme dominante. Il devait aussi rassurer les investisseurs et les salariés du réseau social, engagé dans une profonde transformation. “Les technologies qui alimentent le métaverse commencent à émerger. Le futur n’est pas si loin”, a-t-il assuré. Avant de présenter un nouveau casque réalité mixte, combinant réalités augmentée et virtuelle, destiné aux entreprises, et d’annoncer un partenariat avec Microsoft.

“Rendre Mark heureux” – Dans une enquête publiée le week-end dernier, le New York Times détaillait les doutes des employés de Meta, devant l’importance accordée au métaverse par le réseau social. En interne, certains projets sont baptisés MMH, pour Make Mark Happy (“rendre Mark heureux”). Malgré les demandes de la direction, peu de salariés utilisent Horizon Worlds, la principale application sociale dans le métaverse – récemment moquée pour la qualité graphique de ses avatars. En Bourse, l’action de la maison mère de Facebook a chuté de 66% depuis septembre 2021, en raison de la concurrence de TikTok. Mais aussi parce que les marchés se demandent quand les efforts de Meta dans le métaverse commenceront à se transformer en profits.

Investissements massifs – Il faut remonter à 2012 pour retrouver trace de tels doutes. À l’époque, Facebook vient de rentrer en Bourse mais tarde à prendre le virage du mobile. La société trouvera rapidement la solution, poursuivant son ascension vers le statut de géant technologique. Sur le marché, encore embryonnaire, du métaverse, Meta dispose de plusieurs avantages. D’abord, les efforts déjà accomplis depuis le rachat du fabricant de casque de réalité virtuelle Oculus en 2014. Ensuite, des moyens financiers et une volonté d’investissement sans aucune mesure. L’an passé, son Reality Labs a perdu dix milliards de dollars. C’est deux fois plus que les sommes levées par l’ensemble des start-up du secteur. La société multiplie aussi les rachats de studios de développement.

Des défis – Rien ne garantit cependant que cette bascule sera gagnante. Plusieurs défis majeurs se dressent devant Meta. D’abord, poursuivre sa politique d’investissements, tout en rassurant les marchés. Selon le Wall Street Journal, le groupe vient de lancer un vaste plan d’économies, principalement grâce à des suppressions de postes. Ensuite, Meta fait face à la méfiance des régulateurs. Aux États-Unis, le gendarme de la concurrence souhaite ainsi bloquer le rachat de Within, qui a conçu une application de fitness dans le métaverse. La société devra par ailleurs convaincre le public d’acheter et de porter des casques ou des lunettes de réalité virtuelle et augmentée. Enfin, elle devra trouver le bon moyen de monétiser ce nouvel univers, sans faire fuir ses utilisateurs.

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