Foxconn accélère son virage vers la voiture électrique

Par , publié le 19 octobre 2022

“J’espère qu’un jour nous produirons des Tesla”. Liu Young-way, le président de Foxconn, ne se fixe pas de limites lorsqu’il évoque ses ambitions sur le marché de la voiture électrique. Après avoir popularisé le recours à la sous-traitance dans l’électronique grand public, le géant taïwanais espère en effet provoquer la même révolution dans l’automobile. Mardi, il a dévoilé deux nouveaux prototypes, qui s’ajoutent aux trois présentés l’an passé. Autant de vitrines technologiques destinées à séduire les constructeurs. “En 2020, beaucoup se demandaient si Foxconn serait capable de produire des voitures”, savoure Liu Young-way. Le responsable anticipe une part de marché de 5% d’ici à 2025. Avant de viser plus haut.

Batterie solide – Surtout connu pour assembler les iPhone, Foxconn espère bien monter dans la chaîne de valeur. Le groupe ne souhaite en effet pas être qu’un simple sous-traitant des constructeurs automobiles. Il ambitionne de leur vendre des solutions clé en main. Il va d’abord leur proposer différents châssis, entièrement ajustables. Sans entrer dans les détails, il promet également d’offrir différents logiciels, notamment des systèmes d’aide à la conduite, de gestion de flotte ou encore de robot taxis. A partir de 2024, Foxconn souhaite par ailleurs produire une batterie à électrolyte solide, une technologie qui pourrait résoudre les limites des actuelles batteries lithium-ion.

Premières voitures produites – Le groupe assure être capable d’abaisser d’un tiers les coûts de développement d’une voiture électrique. Et de diviser par deux le délai de conception. “Tout le monde se demande comment nous avons pu développer trois modèles en seulement un an. C’est la vitesse à laquelle nous avançons”, assure Liu Young-way. Au départ, Foxconn devrait surtout séduire les nouveaux entrants, qui ne souhaitent pas se lancer dans la production de masse, par manque de compétences ou de moyens financiers suffisants. En septembre, le sous-traitant a produit ses premières voitures pour la marque américaine Lordstown, dans laquelle il a investi 55 millions de dollars. Il ne jouait que le rôle d’assembleur, mais sera plus impliqué dans les prochains modèles.

15.000 précommandes – Des accords ont également été conclus avec deux autres jeunes constructeurs américains, Fisker et Indi EV. À Taïwan, la société est plus avancée. Elle a lancé une co-entreprise avec Yulon Group, la deuxième marque automobile du pays. Et commercialise déjà une première voiture, conçue à partir de l’un de ses prototypes. En septembre, elle a enregistré 15.000 précommandes en seulement deux jours. Foxconn espère ensuite convaincre les constructeurs historiques qui veulent basculer rapidement vers l’électrique ou qui rencontrent des difficultés technologiques. La partie semble loin d’être gagnée. L’an passé, les négociations avec Fiat Chrysler pour produire des voitures en Chine ont échoué… peu après la fusion avec le français PSA.

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