Par , publié le 23 janvier 2023

Microsoft parie gros sur OpenAI. Lundi, le géant de Redmond a officialisé un investissement de “plusieurs milliards de dollars” dans le concepteur de ChatGPT, l’impressionnant robot conversationnel qui fait beaucoup parler de lui depuis son ouverture au grand public fin novembre. Si le montant exact n’a pas été précisé, la presse américaine avance le chiffre de dix milliards de dollars (9,2 milliards d’euros) sur plusieurs années. “C’est la prochaine phase de notre partenariat”, se félicite Satya Nadella, le patron de Microsoft, déjà présent au capital d’OpenAI depuis 2019. Cette opération permet à l’éditeur de garder la main sur les outils d’intelligence artificielle de la start-up, qu’il va pouvoir intégrer à ses différents services, à commencer par son offre de cloud computing Azure.

Erreurs factuelles – Cinq jours après sa mise en ligne, ChatGPT avait attiré plus d’un million d’utilisateurs, du jamais vu dans l’IA. Des chercheurs bien sûr, mais surtout beaucoup de curieux venus tester ses capacités. Le logiciel est une ressource infinie, capable de répondre à des questions scientifiques très précises, d’inventer une recette à partir d’une liste d’ingrédients, de corriger du code informatique ou encore d’écrire des poèmes. Il est aussi limité, en raison de très nombreuses erreurs factuelles liées à son fonctionnement. “Ce serait une erreur de l’utiliser pour des choses importantes”, admet d’ailleurs Sam Altman, le patron d’OpenAI. Attendue cette année, une quatrième version de son intelligence artificielle, pourrait corriger une partie de ces problèmes.

Opération complexe – Lancé en 2015 comme un laboratoire de recherche par plusieurs personnalités de la Silicon Valley, la start-up développe aussi DALL-E, une IA capable de créer des images à partir d’un texte. Pour continuer de se développer, elle a besoin d’importantes ressources financières. Comme les premiers investissements de Microsoft, l’opération est complexe, notamment en raison du statut de société à “but lucratif plafonné” d’OpenAI, qui limite les gains possibles de ses actionnaires. La société ne devrait pas toucher l’intégralité de la somme: une partie sera versée en nature, lui permettant d’utiliser les superordinateurs d’Azure, indispensables pour entraîner ses algorithmes. Par ailleurs, Microsoft devrait percevoir la moitié des profits, jusqu’à qu’il récupère sa mise.

Concurrencer Google – L’essentiel est ailleurs pour le concepteur de Windows. En s’associant avec OpenAI, il se positionne en leader sur le marché de l’intelligence artificielle – lui qui a beaucoup investi dans le domaine, sans réussir à convertir ses recherches en solutions concrètes. Cela pourrait lui permettre de doper l’activité d’Azure, en laissant ses clients utiliser ChatGPT et DALL-E pour concevoir leurs propres applications dans le cloud. Et ainsi de gagner des parts de marché face à Amazon et à Google, alors même que la croissance du secteur commence à ralentir. Microsoft prévoit également d’ajouter les fonctionnalités de ChatGPT dans sa suite logicielle Office. Et dans son moteur de recherche Bing, avec l’espoir de concurrencer Google.

Pour aller plus loin:
ChatGPT illustre les promesses de l’IA… et ses limites
– Avec ChatGPT, Microsoft rêver de rivaliser avec Google


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