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Par , publié le 4 octobre 2020

C’est un nouveau front qui s’ouvre pour Google. Déjà attaquée aux Etats-Unis et en Europe, sa boutique d’applications mobiles, le Play Store, doit désormais faire face à la révolte d’une cinquantaine de start-up indiennes, menées par Paytm, la fintech vedette du pays. Dans leur viseur: la commission de 30% prélevée par le créateur d’Android sur chaque achat ou abonnement (15% lorsqu’il s’agit d’un réabonnement). Pour y échapper, les contestataires envisagent de demander l’aide du gouvernement, notamment pour favoriser l’émergence d’un store concurrent.

Règles plus strictes – En Inde, deuxième marché mondial pour les smartphones, Google est en position monopolistique sur le mobile. La part de marché de son système d’exploitation Android est supérieure à 95%. Si les tensions ne sont pas nouvelles, cette fronde a été précipitée par la décision du groupe américain d’appliquer plus strictement les règles du Play Store. Celles-ci prévoient que toutes les applications présentes sur la boutique doivent utiliser le système maison de paiement – et donc payer une commission. Mais Google était jusqu’à présent plutôt laxiste. De nombreuses applications se soustraient ainsi à cette obligation, en Inde comme ailleurs.

“Au-dessus des lois” – La révolte des jeunes pousses indiennes intervient également à peine deux semaines après une passe d’armes entre le moteur de recherche et Paytm, dont l’application a été temporairement retirée du Play Store sous prétexte qu’elle enfreignait les restrictions sur les jeux d’argent. Rapidement réintégrée, la start-up la mieux valorisée d’Inde (16 milliards de dollars) avait alors dénoncé la décision prise par l’un de ses concurrents sur le marché du paiement mobile. “Google et ses employés établissent des règles qui sont au-dessus des lois de notre pays, et qu’ils appliquent de manière arbitraire”, avait-elle regretté, assurant avoir reçu le soutien de “beaucoup de fondateurs de start-up”.

Dix milliards d’investissement – L’Inde est devenue ces dernières années un marché stratégique pour Google. Le pays compte désormais plus de 500 millions d’internautes mensuels, davantage qu’aux États-Unis. Un chiffre qui ne cesse de croître rapidement. En l’absence de rivaux locaux, le potentiel de croissance est gigantesque. D’autant plus que les grands groupes Internet chinois sont désormais bannis. La société américaine ambitionne ainsi d’investir dix milliards de dollars en Inde au cours des cinq à sept prochaines années. En juillet, elle a également injecté 4,5 milliards de dollars dans l’opérateur Jio, qui devrait lancer prochainement un smartphone bon marché pour connecter encore davantage d’Indiens à Internet.

Pour aller plus loin:
– Comment l’Europe veut lutter contre la domination des Gafa
– TikTok, WeChat et d’autres applications chinoises interdites en Inde


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