OVH peut-il vraiment rivaliser avec les géants américains ?

Par , publié le 14 octobre 2021

Bâtir un champion européen capable de rivaliser avec les géants américains. L’objectif est assumé par Octave Klaba, le fondateur d’OVHcloud. Vingt-deux ans après sa création, le spécialiste français du cloud fait ses débuts ce vendredi à la Bourse de Paris. L’opération va lui permettre de récolter 350 millions d’euros, qui doivent être réinvestis pour financer ses projets, notamment son expansion à l’international. Derrière les discours et les promesses, qui résonnent davantage comme un argument marketing repris en cœur par ceux qui rêvent d’un cloud souverain, se cache cependant la réalité. OVH n’est qu’un tout petit acteur du marché. Et le restera probablement.

Moins de 2% du marché européen – Fondé en 1999 à Roubaix, OVH est l’une des belles histoires de la tech française. D’abord spécialisée dans l’hébergement de sites Internet, la société prend ensuite le virage du cloud, l’informatique dématérialisée. Elle revendique le statut de premier acteur européen, mais demeure très loin derrière Amazon Web Services, Microsoft et Google. Selon les estimations du cabinet Synergy, OVH capte moins de 2% du marché européen. Les trois groupes américains s’accaparent 69% du gâteau, une part qui ne cesse de progresser. En outre, l’entreprise affiche une croissance bien moins forte de son chiffre d’affaires. Cette année, celle-ci ne devrait s’élever qu’à 5%.

Course à l’échelle – Sur le marché du cloud public, le segment qui représente le plus gros du marché et qui augmente le plus rapidement, OVH peut difficilement rivaliser. Son offre de services est bien moins étoffée, notamment en matière d’intelligence artificielle. Et sa réputation a été endommagée par une série d’incidents techniques. Inlassablement, dès qu’un grand groupe français ou européen souhaite migrer dans le cloud, il fait appel au trio américain. La société a beau promettre d’investir, elle ne fait pas le poids. “La dynamique du marché ne va pas changer dans les cinq ans, souligne ainsi John Dinsdale de Synergy. C’est une course à l’échelle et les trois géants américains ont investi plus de 14 milliards de dollars en Europe en un an”.

Cloud de confiance – Face à Amazon, Microsoft et Google, OVH espère capitaliser sur le cloud souverain, garantissant que les données soient placées à l’abri de la législation américaine. Ces offres sont surtout destinées aux administrations et aux entreprises qui détiennent des données sensibles. Mais OVH va devoir affronter de nouveaux concurrents, profitant du label “cloud de confiance” présenté au printemps par le gouvernement. D’un côté, Orange et Capgemini, associés à Microsoft. De l’autre, Thalès, allié avec Google. Pour rassurer les investisseurs, la société promet de porter sa croissance annuelle à 25% d’ici à 2025. Sans grande réussite: après avoir abaissé ses ambitions, elle a fixé son prix d’introduction dans le bas de sa fourchette.

Pour aller plus loin:
– Avec Believe, la French Tech se lance en Bourse
– Google s’associe avec Thales pour lancer un “cloud de confiance”

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