La French Tech atteint son objectif de 25 licornes

Par , publié le 17 janvier 2022

25 licornes avant 2025. L’objectif pouvait paraître ambitieux lorsqu’il avait été fixé en septembre 2019 par Emmanuel Macron. Mais le spectaculaire bond des valorisations partout dans le monde depuis un an et demi l’a transformé en simple formalité. Une formalité remplie lundi avec l’entrée d’Exotec dans ce club des start-up à plus d’un milliard de dollars. Si le décompte du gouvernement fait l’objet de débats – faut-il inscrire OVHcloud, désormais coté en Bourse, Veepee (ex-Vente privée), fondée il y a plus de 20 ans, ou encore Meero malgré les doutes sur sa véritable valorisation ? –, le cap des 25 licornes demeure un symbole fort des avancées notables de l’écosystème tech français.

Investisseurs étrangers – L’initiative French Tech a été lancée en 2013. Son envol a d’abord été enclenché par d’importants investissements publics, menés par Bpifrance, pour compenser les faiblesses du capital-risque français. Il a ensuite été porté par une nouvelle génération de start-up plus ambitieuses, qui rêvent de devenir des champions européens voire mondiaux. Et qui déménagent aussi bien moins souvent aux Etats-Unis, un passage quasiment obligatoire il y a encore quelques années pour passer à l’échelle supérieure. L’accélération récente de la French Tech a également été rendue possible par l’arrivée de fonds américains et asiatiques, comme Tiger Global et Softbank, capables de mener des méga-levées de fonds.

Nouveaux objectifs – L’an passé, les sociétés non cotées françaises ont ainsi levé 11,6 milliards d’euros, selon le baromètre annuel d’EY. C’est plus du double qu’en 2020. L’accélération se poursuit, avec près de deux milliards récoltés et quatre nouvelles licornes depuis le début de l’année. La French Tech se fixe donc de nouveaux objectifs. En octobre dernier, Loïc Soubeyrand, le fondateur de Swile, anticipait 20 décacornes françaises (plus de dix milliards de valorisation) d’ici 2030. Le mois précédent, Cédric O, le secrétaire d’État à transition numérique, espérait l’entrée d’une start-up dans l’indice CAC 40 d’ici à 2025. Il parle désormais de deux ou trois.

Encore peu d’IPO – Avant de penser au CAC 40, la French Tech va d’abord devoir générer beaucoup plus d’introductions en Bourse. Celles-ci se comptent en effet sur les doigts d’une seule main, avec notamment Believe et OVHcloud. Jusqu’à présent, les marchés restent assez sceptiques, obligeant les entreprises entrantes à abaisser leurs ambitions. En outre, seul OVHcloud affiche aujourd’hui un bilan boursier positif. Si elles battent des records, les licornes actuelles ne semblent pas encore prêtes à affronter les marchés. Pour justifier leur niveau de valorisation, elles doivent d’abord poursuivre leur croissance, en particulier hors de France, et démontrer leur capacité à devenir rentables.

Pour aller plus loin:
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