Par , publié le 7 décembre 2022

À la demande de ses grands clients américains, en particulier Apple, TSMC augmente nettement le rythme aux États-Unis. Non seulement le géant taïwanais des semi-conducteurs a confirmé mardi qu’il allait bâtir une deuxième usine dans l’Arizona, à proximité de la première déjà en construction. Mais il a aussi indiqué qu’il allait produire dans le pays des puces encore plus avancées que prévu, affichant une finesse de gravure de 4 puis de 3 nanomètres. Cette nouvelle feuille de route va faire grimper la facture: les investissements américains de TSMC sont désormais estimés à 40 milliards de dollars, contre seulement 12 milliards précédemment. Ces deux sites doivent entrer en service en 2024 et 2026.

Investissements massifs – Créé en 1987, TSMC est devenu le premier fondeur mondial, représentant plus de la moitié de la production “fabless”, c’est-à-dire sous-traitée. Sa part de marché dépasse même les 90% pour les dernières générations de composants. Apple, Huawei, Qualcomm, Nvidia et AMD font partie de ses clients. Cette année, son chiffre d’affaires devrait avoisiner 75 milliards de dollars. Pour faire face à l’explosion de la demande, la société taïwanaise s’est lancée dans des projets d’investissements massifs. Objectif: augmenter ses capacités de production, mais aussi financer sa recherche et développement pour conserver son avance technologique dans les procédés de gravure les plus avancés. Et ainsi contrer les ambitions de Samsung et d’Intel.

Tensions géopolitiques – Les deux usines américaines ne seront ni les plus grandes, ni les plus performantes de TSMC. Elles marquent cependant un tournant important. Pour le moment, le fondeur produit essentiellement à Taiwan, où sont implantés quasiment tous ses sites de production. Et en particulier ses énormes “gigafab”, qui fabriquent les puces dernier cri. Dans un contexte tendu avec la Chine, cette situation est considérée comme un risque majeur par Washington, qui redoute une potentielle invasion de l’île par la Chine. Cet été, le Congrès américain a ainsi voté un plan de 52 milliards de dollars pour doper la production nationale. Une aubaine pour TSMC: dans le cadre de cette nouvelle loi, le groupe devrait recevoir plusieurs milliards de dollars de subventions publiques.

Et l’Europe ? – Comme les autres fabricants de puces, le géant taïwanais bénéficie d’un contexte particulièrement favorable. En avril, il a lancé la construction de sa première usine au Japon, en partenariat avec Sony. Près de la moitié des 7 milliards de dollars d’investissements seront supportés par l’État. Selon le Wall Street Journal, Tokyo aimerait désormais convaincre TSMC d’implanter des sites de production de composants avancés. La prochaine destination de la société pourrait ensuite être l’Europe. Plus particulièrement l’Allemagne, comme l’avait indiqué son patron en 2021. Depuis, cependant, rien ne s’est encore concrétisé. TSMC n’écarte pas cette hypothèse, alors que l’Union européenne vient, elle aussi, de se doter d’un plan de subventions publiques – dont va bénéficier Intel.

Pour aller plus loin:
– Face la pénurie de puces, TSMC lance un plan d’investissement record
– L’Europe veut investir 43 milliards d’euros dans les puces


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