Par , publié le 4 janvier 2023

La French Tech n’est plus épargnée par la vague de licenciements qui touche les start-up mondiales depuis l’été. Lundi, Back Market a officialisé la suppression de 93 emplois, soit 13% de ses effectifs. 26 salariés ont déjà été remerciés dans les bureaux étrangers. En France, 67 postes seront concernés, d’abord par l’intermédiaire d’un plan de départs volontaires. Avant un éventuel plan social si cet objectif n’est pas atteint. Cette annonce intervient seulement un an après une levée de fonds de 450 millions d’euros, réalisée sur la base d’une valorisation de 5,1 milliards de dollars, un record alors pour une jeune pousse tricolore. À l’époque, le spécialiste des appareils électroniques reconditionnés ambitionnait de poursuivre son hyper-croissance. Il espère désormais “s’approcher de la rentabilité”.

Contrôler les dépenses – Les rêves de grandeur de Back Market devaient passer par d’importants investissements à l’étranger, notamment aux États-Unis et au Japon. Et ils devaient se traduire par 400 recrutements en 2022. Depuis, le contexte s’est fortement détérioré, forçant les start-up à contrôler ou à réduire leurs dépenses pour préserver leur trésorerie en attendant des jours meilleurs. Chez Back Market, cela s’est notamment traduit par un nombre d’embauches bien moins élevé que prévu: à peine une centaine l’an passé. “L’entreprise va bien”, assure une porte-parole interrogé par l’AFP. Il est cependant probable que la situation macroéconomique a limité sa croissance. Certes, l’inflation a pu augmenter l’attrait pour les smartphones reconditionnés. Mais elle a aussi rendu ces achats moins prioritaires.

Gel des recrutements – Dans l’écosystème French Tech, le plan de départs de Back Market demeure une exception. L’an passé, une seule start-up a officiellement communiqué sur des licenciements: la plateforme de photos Meero, qui va mener un plan social touchant 72 salariés. D’autres suppressions d’emplois ont certainement eu lieu, sans être annoncées publiquement. Selon Les Echos, la start-up franco-américaine Sunday, qui permet de commander et de payer dans les restaurants grâce à un QR Code, a ainsi réduit ses équipes de 40% en six mois. Beaucoup d’autres sociétés ont sévèrement limité ou gelé les recrutements, en particulier dans les métiers non techniques. Cela a pu entraîner des départs non remplacés et donc une baisse des effectifs.

Vers d’autres plans sociaux ? – Malgré tout, la French Tech a été peu touchée par une vague de plans sociaux particulièrement violente – plus de 150.000 postes supprimés dans le secteur l’an passé, selon les décomptes, probablement sous-estimés, du site layoffs.fyi. Cela s’explique par un niveau de trésorerie plus confortable. Et par un nombre d’embauches relativement faible, comparé notamment aux start-up américaines. Pas forcément par prudence mais davantage par pénurie de talents à recruter. Le droit social français a aussi joué un rôle: les licenciements sont plus longs et plus complexes à mener. Alors même que l’écosystème s’est longtemps persuadé que la crise ne serait que temporaire. Mais beaucoup redoutent désormais une multiplication des plans sociaux.

Pour aller plus loin:
– Forte baisse des levées de fonds pour les start-up
– Déjà plus de 100.000 licenciements dans la tech en 2022


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