La tech européenne pulvérise son record de levées de fonds

Par , publié le 7 décembre 2021

L’année avait débuté en fanfare pour la tech européenne. Elle va se terminer sur un nouveau record. Selon le rapport annuel du fonds britannique Atomico, les start-up du continent sont en passe de lever 121 milliards de dollars (107 milliards d’euros) en 2021. C’est la première fois que la barre des 100 milliards est franchie. Et c’est aussi trois fois plus qu’en 2020. La valorisation de l’ensemble de l’écosystème tech, coté ou non coté sur les marchés, est désormais estimée à plus de 3.000 milliards de dollars. Si celle-ci a triplé en moins de trois ans, elle reste cependant à peine supérieure à la capitalisation boursière d’Apple ou de Microsoft.

Investisseurs étrangers – Comme ailleurs, les jeunes pousses du continent ont profité de l’appétit des investisseurs pour les sociétés technologiques, alors que la crise sanitaire pourrait encore avoir accéléré la transformation numérique. Elles attirent de plus en plus les grands fonds américains et asiatiques – par exemple celui du conglomérat japonais Softbank, qui parie notamment sur la France. Ces derniers participent désormais au tiers des levées de fonds menées en Europe. Et cette proportion s’envole pour les tours de table les plus élevés. Pour les opérations dépassant les 250 millions de dollars, près de 70% des capitaux proviennent ainsi des Etats-Unis et d’Asie. Moins puissants financièrement, les fonds européens ont du mal à tenir la cadence.

Méga-levées – Les chiffres ont été dopés par les méga-levées de fonds, supérieures à 100 millions de dollars, qui devraient représenter plus de la moitié des sommes récoltées en 2021. Atomico en dénombre 152 depuis le début de l’année, contre 64 l’an passé. Plus impressionnant encore, 53 opérations ont déjà dépassé la barre des 250 millions de dollars, cinq fois plus que sur l’ensemble de l’année 2020. Cinq tours de table ont même été supérieurs à un milliard – le record revenant au fabricant suédois de batteries électriques Northvolt. Cette tendance est positive: elle signifie que de plus en plus de start-up européennes disposent des ressources nécessaires pour rivaliser avec leurs concurrentes américaines. Et ainsi espérer devenir des champions mondiaux.

Introductions en Bourse – Après deux années de baisse, le nombre de “petites” levées de fonds, inférieures à 5 millions de dollars, est légèrement reparti à la hausse cette année. Surtout, note Atomico, les jeunes pousses européennes lèvent désormais autant d’argent que leurs homologues américaines. Autre élément positif: la forte progression des exits, qui ont atteint un niveau record. Les rachats de start-up, le plus souvent par de gros groupes américains, ont augmenté. Et plusieurs introductions en Bourse importantes ont eu lieu cette année, comme Deliveroo, Wise et Auto1. S’y ajoutent 15 SPAC, ces coquilles vides qui permettent d’être coté plus rapidement.

Pour aller plus loin:
– Les start-up européennes déménagent moins aux Etats-Unis
– La folie SPAC se rapproche des start-up européennes

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